J’ai tellement de choses à poser ici que je ne sais pas par où commencer. Je serais tentée de vous la faire façon stream of consciousness (dans le désordre, sans syntaxe ni ponctuation - pour ceux qui n’auraient pas suivi de cours de littérature anglaise sur les bancs de la fac) mais commencer par le début est peut-être un choix plus sensible.
Le mois de décembre s’est terminé au moins aussi bien qu’il avait commencé. La rencontre avec l’ex-rien-du-tout, les longs hugs d’au revoir et les mots apaisants chuchotés à mon oreille sont venus effacer mes craintes infondées. Le chapitre 2007-2008 est donc enfin clos. Il était temps, oui, je sais.
Le lendemain par contre, j’ai dû carburer à l’eau et au coca light pour ma soirée de Noël du boulot tellement ma gueule de bois était cocasse (“plus jamais“, que j’ai dit). Statut de petite nouvelle oblige, j’ai passé la première partie de ma soirée à expliquer aux gens ma vie d’avant, et même si en vérité c’était il n’y a pas si longtemps que je passais des nuits blanches à préparer des putains de leçons pour des monstres qui s’amuseraient à m’insulter le lendemain, pouvoir parler de tout ça au passé s’est avéré sacrément libérateur.
En retour, j’avais moi aussi tout plein de questions pour mes nouveaux collègues, surtout pour les freelanceurs qui dans la vraie vie sont critique musicale, membre de groupe de rock signé, écrivain - you name it. Parmi eux, il y avait le beau brun aux yeux verts que j’évite soigneusement depuis que j’ai commencé parce que je nous connais, moi et mes hormones. Mais il faut croire que c’était dans les cartes, vu qu’on me l’a présenté cinq fois en l’espace de vingt minutes – “Oh, by the way, have you met J.?”. Cinq fois, I shit you not. La situation était tellement ridicule que je me suis sentie obligée de commencer notre conversation par un “sorry I didn’t catch your name“. Oui, je suis une petite comique. Et visiblement il n’en fallait pas plus - le courant est passé instantanément et je n’ai parlé à quasi-personne d’autre du reste de la soirée. Dieu merci, j’étais sobre et nous nous en sommes tenus à des sujets tout à fait décents. Toujours est-il que je serais bien restée au bar toute la nuit - notons que jusqu’à nouvel ordre, je suis donc incapable d’avoir plus de 15 ans.
La suite a été un peu moins drôle vu que le vol qui devait me ramener de l’autre côté de la Manche n’a jamais décollé. Joyeux Noël à vous aussi, bandes d’incapables à Heathrow où suite à deux malheureuses petites heures de neige le samedi, 99% des vols ont été déprogrammés les 7 jours suivants. Go figure. Heureusement, il restait encore des places sur le ferry Portsmouth-St Malo. Ainsi, après 4h de voiture et 10h de traversée (c’est grand, la Manche), Monkey et moi sommes arrivés à bon port (c’est le cas de le dire) le matin du 24, prêts à attaquer Saint-Nectaire, camembert, charcuterie, pain frais et bon vin. Monkey a donc enfin compris pourquoi le concept de passer Christmas eve dans un pub à se torcher la gueule entre potes pour se retrouver hors-service au repas de famille du lendemain ne m’avait que moyennement impressionnée l’année d’avant.

Le nouvel-an, lui, s’est passé dans la tradition écossaise pour la troisième année consécutive et plus je passe de temps dans le West End de Glasgow, plus j’aimerais y vivre. Même qu’Edinburgh peut aller se rhabiller. Sur les coups de minuit, Blur criait encore sa pop des années ‘90, j’avais volé un drapeau écossais à taille humaine et les bras qui m’entouraient m’ont serrée un peu plus fort - c’est là que j’ai entendu une promesse un peu absurde que l’auteur a nié en bloc dès que ses neurones lui ont permis d’articuler un contre-argument.
Voilà, de retour à Londres, ma carte de transport coûte désormais £123.70 par mois pour un métro qui fonctionne de moins en moins régulièrement mais j’ai visiblement bien intégré la mentalité britannique (londonienne?) vu qu’il me suffit juste de fermer les yeux, d’écouter la douce voix de Laura Marling et d’être transportée loin.

Ah, et bien évidemment pour les résolutions, on repassera.