Enjoy the silence.

November 4th, 2009

The autumn, so far - j’ai survévu à Halloween et son lot d’Anglaises déguisées en putes (ou bien était-ce le contraire, c’est vrai qu’on aurait tendance à s’y perdre); j’ai pris la DLR pour la première fois de ma vie; j’ai rendu utile mon PGCE pour une petite dizaine d’heures; et enfin, j’ai ‘perdu’ les £844.50 qu’HMRC m’avait gentiment remboursés, mais au final ça valait bien un document officiel avec résultats de tests chassant tous doutes sur la santé de baby Sushi.

Mon esprit est à nouveau en vacances - je nage dans le bliss absolu du McJob sans responsabilités ou responsabilités tellement futiles que ça revient au même. Sauf que ça commence à bouilloner là-haut. R.e.s.t.l.e.s.s.n.e.s.s. Maggie avait raison, l’être humain n’est pas fait pour avoir du temps libre, il n’y a qu’à voir ce que je fais du mien. Assise à ce bureau où l’on me prend pour la PA de service, je ne pense qu’à une chose, il est temps de me faire tatouer sur le front que j’ai bac+4, connasse.

Comprenez, South Kensington représente à peu près tout ce que j’ai fui en quittant Paris, alors me retrouver à y cotoyer sa richissime population de Français et leur accent de merde, ça me fait comme une sorte de fussoir. Je suis cette fille qui chaque soir en sortant du bureau court et ne s’arrête que lorsqu’elle a posé pied sur le quai de la Picadilly Line direction home sweet home (where else?).

Et puis sinon, je pense à Noël en famille, avec l’autre famille - celle avec l’accent prononcé et un penchant génétique pour le haggis et l’alcool. Je pense à comment je ne réalise en fait absolument pas l’état de bonheur absolu dans lequel je me trouve depuis mai 2008.

This is a song for a scribbled out name.

October 12th, 2009

Bientôt, ce sera à moi de souffler les bougies plantées dans l’icing d’un gâteau d’anniversaire à 200 calories la bouchée. 25 ans. BAM. J’ai un peu de mal à réaliser parce que, voyez vous, selon mes calculs approxiamtifs, il me semble que j’ai tout juste 20 ans, que j’ai eu le bac il y a quelques années et que je me verrais bien vivre en Angleterre un beau jour, qui sait.

Sauf que j’ai eu le bac il y a maintenant 7 ans (mon dieu, 7 ans), que mes rêves d’Angleterre transformés en quotidien bien réel ont désormais laissé place à des rêves d’ailleurs, et que je me demande bien ce qui a pu m’arriver entre temps. Enfin disons que je me demande surtout ce qui est arrivé à tous ces gens que je croyais tellement indispensables à ma vie et qui sont désormais tombés dans le vide intersidéral de l’oubli dont même facebook n’aura pas su les tirer, sauf peut être à l’occasion du classique échange de deux lignes destiné à se rassurer mutuellement que les relations futiles avaient bel et bien de l’importance, fût un temps. Et, inévitablement, je me demande quelle trace moi j’ai bien pu laisser dans la vie de ceux qui m’ont vue disparaître trop de fois par la petite porte surmontée du signe lumineux ‘Sortie de Secours’.

Pas que je regrette réellement quoi que soit - à part peut être une écorchure ici et là -  mais plutôt que j’aimerais pouvoir m’assurer que l’histoire ne se répètera pas inlassablement, que je ne me réveillerai pas à 30 ans avec le sentiment d’en avoir tout juste 25 et en étant incapable de me souvenir, au moment où je soufflerai les bougies plantées dans l’icing d’un gâteau d’anniversaire à 200 calories la bouchée, de qui m’entourait les cinq dernières années.

"Because falling's not the problem,
When i'm falling i'm in peace,
It's only when i hit the ground,
It causes all the grief"

I went to war every morning.

September 30th, 2009

Vous avouerez que c’est quand même sacrément frustrant de signer un contrat d’Office Manager (whatever that means) quand en vrai, on est prof. Disons que ça rend les choses un peu compliquées quand tu expliques aux gens ce que tu fais ‘dans la vie’ - je veux dire, personne n’a jamais entendu parler d’un prof espion dont la couverture serait de bosser dans une boîte qui prend l’eau de tous bords. Non, vraiment, whichever way you look at it, this doesn’t make sense.

Cela dit, j’ai un job alors je prends mon mal en patience. Je prie pour être payée - même si les lettres estampillées de logos de cabinets d’avocats, les menaces du proprio et les plaintes pour retards de versement de salaire sont annonciatrices du pire - et je passe mes journées à m’excuser auprès de tout le monde pour un manque de professionalisme dont je ne suis absolument pas responsable mais que voulez-vous, il n’y a que moi dans le bureau et au bout du téléphone. La responsable? Ah non, la responsable ne vit plus ici depuis deux ans madame. Ouais, j’imagine la gueule que tireraient les femmes entretenues qui passent la porte des locaux avec le chéquier de leur mari en guise de collier, si seulement elles savaient.

J’entends une ex-collègue de PGCE devenue amie me parler de ses classes, des réussites de ses élèves et de comment elle surkiffe l’équipe et son école et je me dis que putain moi aussi je veux ça, enfin je voulais ça, fût un temps, enfin je crois que je le veux toujours, enfin je ne sais plus. Je regarde quand même les annonces et postule à ce qui se présente, mêmes les écoles privées (il ne manquerait plus que je finisse dans une école privée), je postules à ces mêmes postes qui me parraissaient tellement tellement accessibles avec mon dossier impeccable de fille reçue et mes yeux cernés de travailleuse acharnée en juin dernier. Je me dis que peut être, enfin, vous voyez quoi, l’espoir fait vivre.

En attendant, je profite de faire des semaines de 45 heures dont les journées ne commencent qu’à 12h30 pour me donner la fausse illusion d’avoir un job à mi-temps et tout plein de temps libre. Ainsi, j’ai déjà prévu de m’inscrire à la gym [insert sarcastic comments here], je termine Julian Barnes et devrais recevoir bientôt le nouveau Douglas Coupland, je fais mes courses dans des supermarchés vides de tout client de moins de 70 ans, je me fais lacérer les bras, les cuisses, le visage par mon adorable petite boule de poils, et je prévois de faire un raid de Primark après 4 mois d’abstinence de shopping.

Sweetness. Ou quelque chose dans le genre.

Dog days are over.

September 26th, 2009

Il faudrait faire plus de listes. Des petites, des grandes, des au crayon à papier, des au stylo rouge et d’autres à l’encre invisible. Il y aurait des listes de ce qu’on ne fera jamais, des listes pour, des listes contre, et des listes de l’entre-deux.

C’était seulement la deuxième fois en deux ans que je prenais le N91. La dernière fois, c’était janvier ‘08 - je revenais du Quad et de ce que je croyais être une soirée glauquissime. Je ne le savais bien sûr pas encore à l’époque mais ce qui allait suivre serait bien plus, comment dire, messy.

Mais comme chacun sait, tout ça est désormais à des années lumières, et hier soir donc, bercée par le doux ronronnement du moteur à l’arrière du N91, ce n’est pas sur l’épaule de mon coloc que je reposai la tête mais sur celle de Monkey. Avec l’assurance qu’il ne s’en souviendrait sans doute pas le lendemain, et cédant à l’influence de l’alcool, je lui ai enfin avoué la fin de mon ‘i want to…’. Et sans que je m’y attende - je ne m’étais jamais imaginée que ma petite révélation puisse entraîner quelque réponse que ce soit - il a dit un truc du genre ‘i feel the same way [...] i’ve always felt that way’. Dans mon stade avancé de pré-coma éthylique, je me souviens avoir tenté, en vain, de me répéter les mots exacts, pour ne pas oublier. Si j’avais réussi, je les aurais probablement ajoutés à la liste inavouable où reposent les récits des rêves touchés du doigt. De ces choses qu’on voudrait pouvoir se repasser en boucle les jours où il fait gris.

Tout à l’heure, il a trouvé sur Youtube une vidéo où l’une de ses connasses d’ex se faisait interviewer pour la London Fashion Week. Don’t ask. Elle et ses chaussures Yves Saint-Laurent de femme d’affaire accomplie qui fait la météo de ce qui est hype ou pas m’ont fait me sentir très petite/moche/grosse/inintéressante et puis je sais pas, j’ai dû m’en remettre aux faits. À sa façon de m’embrasser, de me regarder et de chuchoter tous ces trucs qui me font rater quelques battements avant de conclure sur un cheeky ‘don’t tell anyone’. J’ai donc oublié la rousse et ses talons de pute - après tout, elle aussi appartient aux fantômes du passé.

Pour demain et les jours suivants, il n’y a que ma tête dans son cou, et baby Sushi en boule sur nos genoux.

I heart Sushi and it hearts me back.

September 1st, 2009

À part ça, les Bank Holiday Mondays c’est cool pour adopter des chatons de 6 semaines. Je suis désormais inscrite pour les vouchers mais aussi parce qu’il y a tout plein de vidéos qui te font faire des awwwwww à tout bout de chant. Reste que je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir faire de mes deux prochaines semaines en attendant de ramener à la maison l’adorable féline, rappelons que je suis quand même fermement au chômage. Heureusement, j’ai une photo qui me mets des étoiles de fille gâteuse au coin des yeux à chaque fois que je la regarde. J-12.

Et je mets au défi quiconque de ne pas craquer.

Put me back in the bottle where the sea meets the sun.

August 23rd, 2009

Comment vous expliquer? Londres me casse les couilles - et encore, je reste polie. Alors certes, Londres c’est cool, c’est hype, et il y a tout ce qu’il faut niveau musique, fringues, et booze mais je n’en peux plus de me faire entuber financièrement à tout instant de la journée. Pas plus tard que la semaine dernière, on me réclamait £8.60 pour une Day Travelcard Zone 1-3. J’ai failli demander à la dame de TFL si c’était parce qu’on nous facturait le temps passé à attendre dans les tunnels que ce putain de trafic soit regulé mais je me suis dis qu’elle ne comprendrait pas ma blague et m’en suis donc allée prendre le bus. £1 et une heure et demie plus tard (oui, à Londres, tu ne peux pas exactement te permettre d’être fauché ET pressé), je me retrouvais à Shafestbury Avenue, pour un test de trad’ sans dico ni internet - hey les mecs, c’est le 21ème siècle ou bien? Pendant ce temps là, mon agence d’interim me passait un coup de fil pour me faire croire que j’allais peut-être décrocher un job d’admin à mi-temps à l’über trendy St Martins darling, je ne vous raconte pas l’état dans lequel j’étais. Intenable, est le mot. Sauf que là, on est maintenant dimanche, que le job commence mercredi, et que clairement, c’est mort, je ne l’ai pas eu. J’aurais donc bien aimé que la connasse de l’agence prenne la peine de répondre à l’un de mes quatre messages au lieu de m’appeler vendredi à 14h pour me demander si j’étais libre entre 3pm et 7pm - oui? - pour aller distribuer le London Paper - badabam pshhh. Elle m’aurait demandé d’aller faire le tapin, c’était la même. J’ai bac+4 et je suis prof de formation, connasse. Cela dit, je n’avais rien de mieux à faire et surtout, je n’ai plus assez d’argent sur mon compte pour payer bouffe ET transport ce mois-ci, j’ai donc dis oui, ai pris le Tube jusque Holborn, ai enfilé  t-shirt, casquette et blouson violets (c’est ça, rigole) et ai donc passé 4 heures à joyeusement me faire piétiner par des enfoirés en costard qui pressaient le pas pour aller déserrer leur cravate et se mettre une race au pub d’en face - flashback d’un temps où l’une des agences d’hôtesse pour lesquelles je taffais à Paris ne trouvait rien de mieux à nous faire faire que d’aller distribuer des flyers en bas des escalators de Montparnasse en pleine heure de pointe. Et comme si ça ne suffisait pas, la nana du Jobcentre m’a fait comprendre que ma demande d’allocation ‘chômeuse en recherche active d’emploi’ serait probablement refusée, rapport au fait que je vis avec quelqu’un qui gagne plus de £1,000 par mois. La blague.

Du coup, là tout de suite maintenant, j’en ai un peu ras-le-cul, de Londres.

Never wanted anything from you, except everything you had and what was left after that too.

August 18th, 2009

C’est un peu comme si tout s’était fait pendant la nuit - un jour, on ouvre facebook et tout le monde est marié, avec la bouille de Junior au réveil comme photo de profil. En l’espace d’une semaine, deux des ex de Monkey ont annoncé leurs fiançailles sur le réseau social et bam, voilà que moi aussi j’ai commencé à penser robe blanche et couches culottes. Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas de ces névrosées qui “veulent se marier” depuis qu’elles ont douze ans et ont une robe de mariée ebay sous leur lit, pour quand quelqu’un se décidera à faire sa demande (cet exemple n’est malheureusement pas fictif). Et il y a encore peu, je n’avais jamais sérieusement contemplé la possibilité d’avoir un bambin non plus. D’ailleurs, jusqu’à pas loin de 18-19 ans, je refusais de faire référence auxdits bambins par un terme autre que ‘monstres’ - sans second degré aucun - et me plaisais à répéter que je ne voulais pas d’enfant. Oui j’étais très contre-courant à l’époque.

Mais je sais pas, un jour tu ouvres les yeux et tu te dis que, clairement, tu crèverais si un beau matin tu ne te réveillais pas auprès de Lui. Alors tu te dis que toi aussi, tu te verrais bien en robe blanche et le ventre rond finalement. Peut être pas les deux en même temps, histoire de rester dans le politiquement correct, hein. Il ne faudrait pas non plus choquer les gens de la mairie de Cuges-les-Pralinettes, il y aurait assez du kilt pour faire sensation. Quoi qu’il en soit, je serais prête à miser tout ce que je possède sur notre happily ever after mais malheureusement je suis fauchée et Monkey pense qu’on est trop jeunes pour ces choses là. I’m too immature - qu’il a dit - plus i’m already taking care of this baby. Ouais, peut être qu’il faudrait que j’arrête de me faire appeler Pingu et que je trouve un vrai travail.

The summer, so far.

August 9th, 2009

June came and went. J’ai ravalé ma fierté, mes larmes et l’absence de job, et ai presque réussi à me convaincre que le vent finirait par tourner. Juillet, Bretagne, puis Paris, les sourires et les robes blanches de celles qui ont dit ‘oui’. Les pavés, le métro, le rouge qui tâche et les quais Saint-Michel. Constants à bientôt qui résonnent comme autant d’au-revoirs. Retour à Londres. Valises, avion, Aegean coast, speed boat, white russians et mer turquoise. Retour à Londres. Encore une dose d’au-revoirs, aux allures d’adieux, ceux-là. J’ai posé pour une photo souvenir, ai gribouillé deux trois mots incohérents sur un flyer en guise de carte de départ et hop, see you later, see you never. Voilà mes deux dernières attaches Londoniennes envolées, à l’autre bout du monde. (Heureusement,) pas trop de temps pour penser, avec le déménagement le plus à l’arrache de tous les temps. Bliss absolu dans le nouvel appart’ avec un balcon terrasse gigantesque, des portes fenêtres dans toutes les pièces, une exposition de rêve, un vis-à-vis quasi-inexistant et une vue imprenable sur Ally Pally. S’il me reste bien un repère ici, c’est North London où j’aurais vécu dans 3 apparts différents dans un rayon de 2km en l’espace de deux ans.

Et maintenant? Maintenant, on serre les dents, et la ceinture, en attendant Septembre. L’idée de faire du supply me tente autant que de me faire tondre les cheveux et de m’enfuir à Vegas pour me marrier à un biker mais il faut que je reste dans le circuit si je veux faire mon année d’induction alors on va faire comme si. Prendre ce qui viendra comme un nouveau départ, pas forcément celui espéré mais qui vivra verra, à ce qu’il paraît.

Cross the road and say goodbye. There wasn’t a dry eye.

July 13th, 2009

J’ai toujours vécu plus ou moins en nomade. Ainsi, à l’âge de 16 ans, je décidai d’emménager dans la chambre de ma soeur, partie de la maison depuis peu. Le lit y était double, le bureau plus large et l’armoire d’une taille collossale. J’y déplaçai donc vêtements et cahiers de 1ère. C’est dans cette chambre que j’en vins, entre autres choses, à réviser mon bac de Français, à parcourir le corps de mon premier amoureux et, plus tard, à sécher religieusement mes premières années d’AES et d’IUT Tech de Co. C’est aussi cette chambre qui me vit faire mes bagages pour le sud de l’Angleterre un soir d’avril 2004 et, le jour du départ, dire au revoir à mon deuxième amoureux, entre deux sanglots de presque-adulte de 19 ans. À mon retour et fraîchement acceptée en première année de fac d’Anglais cette fois, je décidai que cette chambre comptait désormais beaucoup trop de souvenirs - des bons comme des mauvais - et qu’il ferait mieux vivre dans ma chambre de petite fille, celle au lit une place et vierge de tout drame adolescent, que j’avais quittée près de 4 ans plus tôt. Je m’appliquai donc à décorer les murs de photos et posters, et à remplir les étagères de trésors dont moi seule pouvait comprendre la valeur, créant ainsi le parfait cocon pour ma crise d’adolescence à retardement.

Le retour après mon été en Terre Promise fût difficile. Je n’aimais guère le goût de Paris, ni celui de ses transports qui me faisaient valdinguer de ligne 7 en ligne 10 et vers le RER pour finalement me balancer dans le bus qui me ramènerait dans ma banlieue en haut de la forêt. Et du fond de l’amphi de Civilisation Britannique, je passai les premières semaines à passer en revue les souvenirs d’un temps non-lointain où j’avoisinais encore les 50 kilos et où tout semblait facile. Pendant les mois qui suivirent, j’appris à aimer Paris et les interminables trajets en bus/RER/métro. Avec ma jolie blonde à mes côtés, j’entrepris de reconstruire une image de moi un peu moins laide que celle que me renvoyait le miroir. Forte de cette nouvelle amitié, je perdis quelques kilos et appris à gagner les concours de tequila paf, ainsi qu’à feindre la confiance en moi, suffisamment pour attirer à nouveau les regards des garçons. Ceux qui se posèrent sur moi entre avril et octobre 2005 m’apprirent, entre autre, qu’il ne fallait pas faire confiance aux musiciens/guitaristes. Quelque 11 mois plus tard, la bataille contre le CPE gagnée et mon contrat Erasmus en poche, je me retrouvai à faire de nouveau mes valises pour la Terre Promise. Cette fois-ci, néanmoins, les au-revoir à ma petite chambre prirent une allure d’adieu.

Aujourd’hui, trois ans plus tard, ma jolie blonde est mariée et je suis installée en Terre Promise. La semaine dernière, j’ai du me résoudre à ranger tous les trésors de mon ancienne chambre dans des boîtes en carton pour que ma mère puisse rendre l’appart maintenant qu’elle n’y habite plus. J’ai souri, beaucoup, et versé un soupçon de nostalgie, en retrouvant certains vestiges de ma vie passée - mon journal de 1995, mes cours de phono de 1ère année, mon dossard Non au FN d’avril 2002 et celui Censier en grève de mars 2006, ma carte de lycéenne, mon premier billet d’Eurostar, la setlist de Mudflow à Paris Plage 2005, des allumettes du Piano Vache, des baguettes du café Rovin, mes photos de classe de primaire, ma place de concert des Duke Spirit à la Maroquinerie et d’innombrables projets créatifs avortés…

Comme moi, tous ces objets devront désormais vivre en transit quelques années en attendant qu’on leur trouve une maison, une vraie, où chaque petite boîte à trésors aura sa place. Je les imagine bien dans une grande armoire en bois, à côté de nos livres et de nos albums photos. Mais pour l’heure, il me reste les jolis souvenirs et les mélodies lointaines.

FAIL.

June 24th, 2009

Je suis pratiquement sûre que les recherches prouvent que ‘avoir la haine’, ça te rend plus susceptible aux ulcères, aux crises cardiaques et à l’épilepsie mais là, franchement, je m’en contrebats les reins, comme on dit chez nous.

Comprenez, j’ai fait tout ce qui était demandé cette année. TOUT. Je me suis cassé le cul à continuer de préparer religieusement mes leçons minute par minute quand, clairement, je savais que je passerais l’heure à essayer d’empêcher le rang de derrière de s’entretuer. J’ai dit ‘non’ de façon systématique à toutes les propositions de sorties/bières/promenades dans le parc du dimanche après-midi. J’ai cessé toute activité qui ne se rapportait pas à essayer de faire des trucs créatifs pour que les gamins voient le Français différemment. J’ai même sacrifié la possibilité de profiter de ceux qui bientôt quitteraient Londres ‘parce que tu comprends, ce truc, je veux vraiment en arriver au bout’.

Et regardez moi 9 mois plus tard, le regard défait et le teint gris. Sans job.  Alors ça c’est sûr que je l’ai eu, le PGCE, hein. Mais au final, je n’ai PAS DE JOB. De toute ma putain de promo, y compris les branleurs qui se ramenaient devant leurs classes encore bourrés de la veille, y compris la pétasse de mon deuxième stage qui ne préparait jamais ses leçons et me demandait les miennes au dernier moment, je suis une des seules qui n’ait pas été embauchée. Mieux, je n’ai même pas encore réussi à être shortlistée pour un entretien. Plutôt ironique quand on sait que les mots ‘outstanding’ et ‘excellent’ figurent je ne sais combien de fois dans mes rapports de fin de stages.

Alors non, hier, je n’étais pas exactement prête à entendre que l’une des 3 écoles dont, naivement,  j’attendais encore une réponse a filé son poste de ‘Prof de Français’ à un Italien de ma promo qui, certes, est bilingue Italien/Espagnol, mais dont le Français fait juste peur à voir.

Quand je pense à toutes ces fois où j’ai voulu abandonner parce que je n’en pouvais plus mais que tout le monde mettait en avant mon dévouement et mon professionalisme comme preuves indéniables que je ferais un bon prof… À tous ces gens qui à ce jour, continuent de me dire ‘non mais je t’ai vue enseigner, bien sûr que tu vas trouver un job’ - à tous ceux là, j’aimerais leur dire de fermer leur gueule parce que là, la meuf dévouée, elle se retrouve sans job, sans argent, sans énergie et elle a juste envie de vomir sa haine.

Le jour où la vie sourira aux plus méritants, je vous rappellerai.